Le Phallicéros !


août 1st, 2011

Ma tomate, Mon poivron,
Ma salade, Mon oignon,

Ma prune, Mon melon,
Ma carotte, Mon concombre,
Ma pomme, Mon citron,
Ma gousse, Mon raisin,
Ma banane, Mon pain,
…, Fiston,
Mon Amour,


Lecteurs Chéris,

C’est pierre qui roule !

Ici la suite de ce qui s’est passé, il y a déjà quelques semaines plus loin dans le temps qui passe. Si…

Augustin – Vous êtes une personne très intéressante, je dirais même surprenante mon cher. Mais pour eux, (en parlant des clients dans le restaurant) vous êtes ridicule ! Vous vous moquez, parce que vous ne me comprenez pas !
– Ce n’est pas une tare de ne pas comprendre à un certain moment, il suffit de demander à votre locuteur de préciser sa pensée, pour lui c’est une marque d’estime et cela prouve que vous vous intéressez à son discours.

Moi – Excusez-moi, je ne voulais pas vous vexer…

Augustin – N’ayez crainte, cela n’arrivera pas.
Mais sachez que l’ethnométhodologie est l’art d’extraire de son contexte l’individu et ses actes pour le replacer dans son milieu natif afin d’en expliquer les implications politiques et morales !

Moi­­­ – …. ?

Augustin –  Exemple :   Georges faisait des « extras » dans la restauration et aujourd’hui il travaillait pour un traiteur.
Il sortit de l’ascenseur au huitième étage, un panneau indiquait, à droite salle du conseil d’administration, à gauche salle des expositions le  » Panorama « .
Georges prit à gauche, il poussait devant lui un chariot plus grand que lui, dans lequel étaient empilés des cartons contenant des bouteilles de vin et du Champagne.
La direction de la banque recevait en grandes pompes, c’était « l’assemblée générale des actionnaires » et rien n’était trop bon ni trop beau pour ce public-là !

Le chariot était lourd et le manœuvrer dans les couloirs de « l’étage de la direction » n’était pas aisé. Le couloir était étroit et Georges croisait une multitude d’employés tous sur le pied de guerre pour l’événement de l’année.
Pour faciliter le passage des uns et des autres, Georges poussait son chariot le long du mur en passant la tête de côté pour se guider. Comme il ne voyait pas très bien et pour ne renverser personne, il criait régulièrement pour avertir les gens  » ATTENTION SVP ! EXCUSEZ-MOI !  »
Encore un virage et il serait dans la salle des expositions le Panorama où il devait dresser le Bar d’accueil des invités …  !??!! Il y eu un bruit effroyable, un hurlement métallique, lourd et creux, des casseroles ? Des cloches, un carillon tout entier était tombé sur le sol ?
Le chariot n’avançait plus, Georges avait heurté quelque chose ?
Il était terrifié, ce bruit soudain, si fort l’avait mis K.O. !
Et maintenant il y avait les cris, des femmes hurlaient  » Seigneur c’est une catastrophe ! C’est un désastre !  »  Georges restait pétrifié, il n’osait pas regarder, cela devait être terrible ! .
Une femme accourut  » laissez-moi passer, qu’est-ce qu’il se passe ici ?  » tout le monde s’écarta ce devait être le chef,  » Ho mon dieu, Le Phallicéros !  »
C’est à ce moment que Georges recolla à la réalité,  » Le Phallicéros ! » avait-il entendu, il s’avança passant sa tête de par derrière son chariot. Tous se retournèrent sur lui, les regards étaient noirs !
Sur le sol un truc, un machin ou plutôt deux trucs, deux machins indéfinissables. Ça commençait comme une marmite en bronze  et ça se terminait en pointe ou plutôt une corne pour le premier. L’autre était tout en longueur un serpent avec des anneaux et contre le chariot un socle blanc sur lequel devait se trouver la  » chose « ,  une inscription  » Le Phallicéros « .

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Georges – Je suis désolé, je ne l’ai pas vu derrière mon chariot… Et …

C’est ça le dur choc des cultures, Georges venait de faire son entrée dans le monde de l’Art abstrait de haut niveau, huitième étage.

La chef – Il est cassé, il est en deux morceaux !
Une autre femme – Non, je crois qu’il est simplement déboîté, les deux éléments doivent s’assembler, le plus grand en dessous et l’autre…
La chef – Il faut le remettre en place, les gens arrivent dans une heure.

Tout le monde mit la main à l’art… Georges voulait se faire pardonner son indélicatesse, la partie la plus large devait servir de réceptacle pour la partie la plus fine, et la corne du Phallicéros devait entrer dans les anneaux du  » serpent  » enfin sans doute ?
Ils étaient une dizaine maintenant devant la  » sculpture  » tous avaient une idée de comment était la « chose » avant qu’elle ne chut.

– Non, la corne était plus haute, la chute l’a pliée il faut la redresser !
– Pas du tout, elle doit passer deux fois dans l’anneau supérieur, c’est pour ça qu’il a l’air moins grand qu’avant !
Personne n’avait la solution, le Phallicéros puisqu’il fallait l’appeler comme ça était devenu un casse-tête , une énigme qui défiait les lois de la logique et de la physique.
Après une grosse demi-heure, il bien fallu se rendre à l’évidence. Le Phallicéros ne livrerait pas son secret aujourd’hui. On le fit disparaître pour le soustraire au regard des actionnaires. La chef se résigna elle aussi « je ferai réparer la sculpture par  » …  » ( »  …  » était le nom de l’artiste qui avait réalisé cette œuvre si compliquée, mais que Georges n’avait pu retenir car il était très compliqué lui aussi, le nom pas Georges, vous comprenez ?) et les assurances se chargeront des frais qui en découleront.

fruit5.jpg

Georges ne sut jamais comment était assemblée la sculpture, car il ne revint jamais sur les lieux de son crime, il était devenu persona non grata au huitième étage de la banque.
Mais quelques collèges qui y étaient encore admis, lui rapportèrent que la statue avait bien été réparée par son auteur, mais qu’il avait éprouvé lui aussi d’énormes difficultés à la réassembler. Plusieurs séances avaient été nécessaires pour y arriver, les photos du vernissage furent essentielles dans cette entreprise de reconstruction.
Mais de l’avis de tous, Le Phallicéros n’avait plus la même gueule, on ne le reconnaissait plus. Malgré sa restauration ce n’était plus « Le Phallicéros » !

Georges quant à lui, est toujours dans la restauration ….

Ce soir là, Mon Colonel ne fit aucun commentaire …

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